L'église a certainement été érigée avant 1069. En effet, il est mentionné que cette année là, à la veille de la Pentecôte elle fût cédée à l'Abbaye de Montmajour par un certain Pons. Elle doit sa dédicace au fait d'avoir été construite au milieu du cimetière dont une partie se trouve sous l'esplanade actuelle. Située a l'ouest du village, elle ne devint église paroissiale que vers 1440, ce rôle étant tenu jusqu'à cette époque par Notre-Dame de la Roque. Composée à l'origine d'une seule nef et de deux travées de pur style roman, elle fut souvent réaménagée au cours des siècles.
De 1540 à 1574 sont ajoutées deux nefs latérales : celle de Saint-Joseph et celle du Rosaire. Au XIX° siècle, cette dernière est agrandie par suppression de la sacristie, reconstruite plus tard à l'extérieur, et les trois nefs sont prolongées vers l'ouest. La topographie des lieux rend impossible la construction d'un narthex dans l'axe de la nef centrale, aussi est-il remplacé par une absidiole destinée aux fonds baptismaux alors que l'entrée est déportée latéralement vers le sud en 1872.
Le clocher primitif était à trois loges, il fut remplacé par un clocheton plat qui abrite une cloche classée datant de 1663 ; deux autres ont été brisées à la Révolution. Sous le maître-autel, un caveau renferme les dépouilles des curés Philip et Reynaud et de l'Abbé Bedos ; au milieu de la nef nord se trouve un autre caveau concédé à la confrérie Saint Joseph. Toutes les modifications apportées au cours des siècles ainsi que la restauration des années 1999 2001 ont permis de conserver l'harmonie et l'unité de l'ensemble. Les archevêques d'Aix, les suzerains co-seigneurs de Jouques et les confréries qui ont successivement la responsabilité de ce lieu de culte ont beaucoup contribué à la décoration de l'église.
Le chœur
Le choeur de style gothique flamboyant, est érigé au XVI° par le curé Agard. Les quatre nervures de la voûte reposent sur quatre évangéliste. Le rétable qui recouvrait entièrement le fond aurait été offert en 1664 par Mgr. de Grimaldi, archvêque d'Aix et seigneur majeur de Jouques ; il a disparu mais sa réplique qui date de 1709 se trouve à l'église de Saint Paul-les-Durance. L'autel d'origine, en bois doré, fut remplacé en 1759 par l'actuel qui est en marbre de polychrome sculpté par Constable d'Aix.
La nef de Rosaire
La nef de Rosaire abrite à l'ouest la chapelle du même nom. Il s'y trouve un autel en marbre blanc surmonté du rétable d'origine, en bois doré, construit par Routier ; il encadre un tableau de Jean Gody figurant la Vierge entre Sainte Catherine et saint Dominique. Sur cet autel trône actuellement une vierge couronnée à l'enfant, en bois doré du XVIII°. La chaire en noyer érigée en 1749 sur le pilier central à disparu ; seul subsiste : le petit escalier qui permettait d'y accéder et la porte en bois peint représentant la Vierge entourée du Rosaire datée du XVIII°. Sur le mur nord, est fixé un tableau de l'école flamande, représentant Saint Ambroise et une Vierge à l'enfant ; il s'agit d'un envoi de l'État en 1875.
Dans la chapelle du Sacré-Coeur se trouve deux tableaux : l'un qui pourrait être attribué à François Minault représente Marie-Madeleine au matin de la Résurrection (Noli me tangere, et l'autre, de la fin du XVIII° figure la Sainte Trinité. Près de l'entrée, une autre toile évoque Sainte Consorce, très honorée à Jouques, sœur spirituelle de Sainte-Tulle et de Sainte-Réparade.
La nef Saint Joseph
La nef de Saint Joseph ou de Saint Antoine, était originellement réservée aux hommes. L'autel, en marbre blanc date du XIX°. De plain-pied avec le chœur, le seigneur y siégeait, face au banc des consuls de l'autre côté du chœur. Appuyé sur le mur nord se trouve un magnifique rétable de la fin du XVI°, restauré en 1996 représentant Sainte Barbe, Saint Claude et Sainte Marthe. Dans la deuxième travée se trouve un autel dédié à Saint Roch, après avoir été dédié à Saint Sébastien ; on y retrouve deux éléments provenant de l'ancien maître-autel érigé en 1635 à Notre Dame de la Roque par Pierre Valisset d'Aix. La chapelle Saint Eloi fut attribuée comme chapelle funéraire à la famille d'Arbaud au début du XVII°. Les titres funéraires de cette famille sont encore visibles, à deux mètres du sol, à droite de la fenêtre.
La nef centrale
La nef centrale au niveau des deux premières travées constitue la partie la plus ancienne de l'église. Elle date vraisemblablement du XI° siècle. Elle ne comporte plus aucune décoration. On peut cependant remarquer sur le montant droit de l'arc séparant la nef du chœur, un motif encastré représentant un coq et une poule affrontés ; il s'agit peut être des attributs de Saint Bacchi qui devinrent plus tard les armes de la communauté puis, celle du village. Dans l'absidiole, qui prolonge à l'est la nef centrale et qui fut construite en 1872, se trouvent les fonds baptismaux, en marbre polychrome, sculptés par Constable en 1764. Le bénitier en marbre de l'entrée est du même sculpteur.
La crèche mérite une attention particulière. Il s'agit d'un ex-voto de M. Jean Salgé et Mlle. Albenga réalisé en 1931. D'une part certaines figurines reproduisent fidèlement les traits des habitants de Jouques, contemporains de leurs auteurs, et, d'autre part, les peintures des vêtements évoquent la mode rurale de 1850. Jusqu'en 1993, la crèche était montée pièce par pièce au temps de Noël puis démontée ensuite ; depuis lors, elle est abrité de manière permanente au fond de la nef Saint Joseph dans une boiserie dont les vantaux s'ouvrent sur le spectacle de la Nativité.
Les informations données dans ce dépliant ont été tirées d'un article de M. CORNET extrait du livre : "JOUQUES - étude historique et architecturales d'un village de Provence", publié par l'association des "Amis de Jouques" en Décembre 1986.
source image : http://clochers.org/Fichiers_HTML/Photos_clochers/13/c13048c_01.htm et http://www.paca.culture.gouv.fr/





