Du mardi 19 octobre au samedi 6 novembre, l'office de tourisme présente les enluminures d'Alain Balalas.
Alain Balalas explique :
« J’ai fait les Beaux-Arts, et n’y ai pas appris grand-chose, car on nous faisait dessiner des plâtres, alors que je dessinais tout seul depuis tout petit, alors j’ai appris la technique en copiant des tableaux de maîtres pour attraper le coup de pinceau : Van Gogh, Gauguin, Renoir. »
Les œuvres présentées ne sont pas des copies d’anciens. Ce sont des originaux, ou des photocopies des vendues pour en garder souvenir. Il ajoute : « L’enluminure est un art subtil, à la fois figuratif et abstrait. C’est un rythme vital qu’il faut rendre. Comme une musique. »
Un professeur initie ses élèves :
Dans le cadre de son projet d’étude historique et scolaire du Moyen-Âge, Isabelle Crochet, professeur des écoles à Peyrolles, a résolu d’inviter ses élèves à cette exposition pour les initier à cet art mystérieux et quelque peu ésotérique. Elle a prié l’artiste de se prêter au jeu des questions et des réponses et de monter et démonter le secret de ses vignettes.
Comme la pratique est la meilleure des explications elle a demandé à ses élèves de relever des motifs des lettres enluminées sur les oeuvres exposées et ensuite le peintre a explicité avec des feutres de couleur devant les enfants attentifs les motifs végétaux, floraux, rinceaux et feuillages, pour que l’art magique d’enlumineur où excella le Roi René ,ne soit pas du n’importe quoi. Cela se passait mardi 20 octobre 2009.
Depuis sont venus aussi des enfants du Centre aéré le mercredi suivant, puis les classes de monsieur Irondelle avec la même démarche.
L'artiste commente :
L’artiste expliqua, en termes simples et concrets, illustrés d’exemples dessinés, que les feuillages stylisés qui servent de base aux décorations, sont d’une certaine manière la trace même de la vie et de la façon dont se développent les cellules, et pas n’importe comment :
En suivant des lignes de force, de fréquence, règles physiques et mathématiques telles que la spirale, la double spirale en grecque ou les ondulations de la feuille d’acanthe. Ou encore, les découpages de la feuille de lierre, de vigne, de platane, de laurier, de figuier.
Tous ces motifs écrivent l’itinéraire de la vie, de l’Etre, qu’on l’appelle Dieu créateur ou la Nature. Elle obéit à des lois strictes et immuables ; l’artiste doit les voir, s’imprégner de leur rythme pour en rendre le mouvement. C’est sur lui, sur cette croissance végétale qui est une histoire, que sont basées toutes les merveilleuses décorations des manuscrits du Moyen-Âge, ce qui leur donne cet aspect d’unité, d’intemporalité et d’éternité.
Le charme des enluminures a certes opéré : on n’avait pas entendu un tel silence depuis longtemps.
Quelques enluminures :









